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5 minutes avec Charlotte Roux, Directrice Communication Corporate chez Aliaxis France

Dans cette rubrique du blog, nous échangeons avec des professionnels de la communication interne. L’objectif : partager leurs bonnes pratiques et leur vision pour le futur. Aujourd’hui rencontre avec Charlotte Roux, Directrice Communication Corporate chez Aliaxis France.

Le groupe Aliaxis est spécialisé dans le transport de fluides pour le bâtiment, les infrastructures, l’industrie et l’agriculture. « Notre raison d’être est de répondre aux défis mondiaux de l’eau, explique Charlotte Roux, et le transport des énergies propres. »

En France, Aliaxis compte environ 1 300 salariés. Ils sont répartis en trois entités différentes, qui correspondent aux marques Nicoll by Aliaxis, GIRPI et AUI. La majorité d’entre eux travaille en production, sur le terrain.

 

Charlotte Roux, quels sont les objectifs de la communication interne chez Aliaxis France ?

La communication interne a été remise en place à mon arrivée dans l’entreprise, en décembre 2020. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai été embauchée. L’objectif était de réinstaller une stratégie et des standards de communication, dans un contexte de transformation liée au Covid et à l’impact de la crise économique sur les marchés.

Nous avons voulu reconstruire les bases de la communication mais aussi, dans cette période compliquée, redonner du sens à notre activité, à nos réussites, à nos échecs parfois. Il fallait expliquer nos changements.

 

Quels sont les principaux défis de la communication interne chez Aliaxis en France ?

Nos cibles internes sont très différentes les unes des autres et elles ne travaillent pas toutes sur le même site. Une grande partie de nos collaborateurs n’a pas d’ordinateur, ce qui complique la communication digitale. Nous voyons aussi, lors de nos sessions d’échanges avec les salariés, que tous les messages ne les intéressent pas tous de la même façon.

Nous devons donc faire preuve d’adaptabilité. Il nous faut trouver comment parler à telle cible, sur tel canal, et faire en sorte que les contenus soient adaptés et compris. Pour cela, nous essayons de diversifier le traitement des informations et les canaux utilisés.

Il n’y a pas vraiment de média plus efficace que les autres pour toucher nos collaborateurs en production. Nous nous appuyons notamment sur l’affichage, les écrans, qui permettent la diversité des formats, et bien sûr la communication verbale, par la voie managériale.

Un autre challenge est de parvenir à engager nos salariés. Le rapport au travail a évolué ; il faut pouvoir intéresser, faire comprendre. Nos collaborateurs s’interrogent sur ce qu’il se passe dans le monde, sur les enjeux climatiques par exemple. Nous devons donc partager et expliquer les choix stratégiques de notre entreprise, prouver que nous jouons un rôle dans une société où beaucoup de choses évoluent.

 

Vous avez récemment lancé votre journal interne. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le journal interne, qui avait existé par le passé, était très demandé par les salariés. Nous l’avons donc récemment remis en place.

L’objectif de ce média est de donner la parole aux collaborateurs. Tous les sujets abordés sont portés par un salarié, qu’il soit en production ou qu’il fasse partie de la direction. La ligne éditoriale est assez large. Nous parlons par exemple de notre stratégie et de nos engagements RSE mais aussi de la vie quotidienne de nos sites. Les premiers retours sont positifs.

Nous réalisons le journal interne en versions papier et digitale, avec l’outil Madmagz, afin que tous les salariés puissent y avoir accès. J’aimerais aussi passer à une version plus moderne, par exemple avec une lecture sur smartphone, mais cela implique un changement de culture. Cela pose également des questions en termes de cyber-sécurité.

 

Quels ont été les impacts de la crise sanitaire sur la communication interne d’Aliaxis en France ?

Pendant les confinements, comme dans beaucoup d’autres entreprises, les salariés sur le terrain ont mis en place des chaînes de mail et des groupes WhatsApp. La pandémie a fait émerger de nouvelles façons de communiquer. Nous ne nous interdisons plus d’utiliser des médias informels. Nous essayons aussi de moins contrôler la forme des messages pour laisser plus de place au fond. Il y a plus de simplicité dans la manière de communiquer.

Avec la pandémie, nous avons également compris qu’il fallait entretenir le lien avec les salariés. Une forte politique de télétravail a été mise en place depuis le Covid, donc nous devons travailler davantage sur la convivialité. Nous allons essayer de créer plus d’événements fédérateurs en présentiel.

Du côté des collaborateurs il y a aussi une vraie attente en termes de confort, de bien-être au travail. Nous travaillons donc avec les différents métiers sur des plans d’actions, par exemple concernant les conditions de travail. Cela fait partie de nos engagements RSE.

 

Selon vous, quelles sont les principales caractéristiques d’une stratégie de communication interne réussie ?

Il faut d’abord bien connaître ses cibles. Le métier de communicant passe donc beaucoup par l’écoute.

Nous devons aussi être des partenaires de la stratégie de l’entreprise. Pour cela, il faut que la fonction communication soit intégrée bien en amont dans les processus de décision, sinon nous manquons des opportunités, surtout dans ce contexte où le change management est omniprésent.

Nous devons également être à l’écoute des nouvelles solutions et oser les essayer, oser tester les nouvelles façons d’informer. Les pratiques évoluent vite et lorsque l’on peut passer sur des outils qui parlent à nos salariés, c’est un très bon levier.

 

Quels sont les principaux défis auxquels fait face la communication interne ?

Il y a d’abord la question du sens. Nous sommes tous noyés sous les informations et les injonctions. Donc pour que nos messages soient reçus, nous devons être vigilants sur la façon dont on amène nos messages et le sens que l’on met derrière est important.

 

La communication interne a aujourd’hui plein d’outils à sa disposition, donc je dirais que son plus gros défi est plutôt de réussir à faire écho à son écosystème. Il faut prouver en interne que nous ne sommes pas hermétiques au reste du monde, que nous en faisons partie. La RSE, par exemple, devient un sujet crucial pour les entreprises.

Cela permettrait aussi de mieux retenir les talents. Le recrutement n’est pas toujours évident aujourd’hui et la communication est un outil dans l’expérience collaborateur. On en revient donc au sens, au fait de donner du sens au travail.

 

Avez-vous des conseils pour les professionnels de la communication interne ?

Je n’ai pas de conseils à donner car il n’existe pas de modèle parfait. Cela fait 15 ans que je travaille en communication interne et je trouve que la fonction dépend beaucoup de la culture interne de l’entreprise. Il faut s’y adapter, même si nous sommes censés pouvoir l’orienter aussi.

Il faut également parvenir à distiller la communication dans tous les métiers de l’entreprise. Nous sommes des experts du domaine mais elle est vitale dans toutes les autres fonctions. Il ne faut donc pas hésiter à faire la pédagogie de notre métier.

L’équipe Com’in remercie Charlotte Roux d’avoir accepté notre demande d’interview !