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Amazon, le géant camouflé

amazon, e-commerce

Ce titre est bien sûr un rien provocateur : nous connaissons tous Amazon et savons tous que c’est un des poids lourds du Web. Pourtant, il fait à tel point partie du paysage qu’on finit par plus le remarquer.

C’est en tous cas mon cas, et c’est une récente et excellente présentation de la société de conseil Faber Novel qui me l’a rappelé.

La présentation est riche et assez longue. Voici les principaux points qui m’ont interpellé.

Amazon est plus gros que Google

Oui ! Près de 34 000 employés contre environ 25 000, 34 milliards de dollars de chiffre d’affaires contre près de 30 milliards de dollars. Après, on peut toujours invoquer d’autres critères – capitalisation boursière, résultat net… – mais les premiers me paraissent plus significatifs de la taille d’une entreprise.

Amazon est bien plus qu’Amazon

Amazon possède l’IMDB, la base de référence du cinéma, Zappos, le leader de la vente en ligne de chaussures aux Etats-Unis,  Diapers, le leader de la vente en ligne de couches pour enfants, Audible, le n°1 de la vente de livres audios, Alexa, l’outil de mesure d’audience de sites via la navigation des internautes, LoveFilm, le leader européen de la location de DVD en ligne, etc.

Il semble bien qu’Amazon, quand il ne peut dominer directement une catégorie, achète son leader.

L’obsession clients

we start with the customer and work backward

C’est sensible en plus d’un endroit de la présentation, et cela se traduit par les prix les plus bas, une logistique exceptionnelle et un remarquable confort d’usage du site.

Une machine à innover

Quand on dit innovation en high-tech grand public, on pense à Google, à Apple mais bien rarement à Amazon. Combien pourtant savent qu’Amazon a inventé l’achat en un clic, l’affiliation, les critiques utilisateurs, l’A/B testing, le marché de l’e-book via le Kindle, le cloud computing… ?

Des milliards de pertes avant les bénéfices

Amazon, qui est entré en bourse en 1997, a perdu 3 milliards de dollars (!) depuis sa naissance en 1995 à 2002. L’entreprise a commencé à gagner de l’argent en 2003 !

Une arme commerciale redoutable : un BFR négatif

Le besoin en fonds de roulement d’Amazon est négatif, c’est à dire que là où ses concurrents ont un besoin accru d’argent (car ils attendent d’être payés par leurs clients alors qu’ils ont déjà engagé les coûts pour les servir), ils en ont en excès (ils encaissent l’argent de leurs clients avant de payer leurs fournisseurs), et ce pendant plusieurs mois. Ce surcroît de trésorerie peut être placé, et les revenus de ces placements peuvent financer des remises que les concurrents ne peuvent viablement contrer.

La longue traîne… ailleurs

Afin de ne pas avoir à gérer les frais de stockage d’articles qui se vendent en très petite quantité parce n’intéressant une petite population, Amazon laisse sa place de marché d’utilisateurs-vendeurs (à la Priceminister) gérer cela.

Frugalité

Amazon is spending money on things that matters to customers.

 

I think frugality drives innovation, just like other constraints do.

Cette philosophie toute startupesque (enfin pas celle de nombre de startups de la même époque) explique leur capacité à rester concentrer sur le principal : le client.

Des clients fidèles

Les deux tiers des commandes sont des commandes d’anciens clients !

Bref, autant d’éléments qui poussent à sérieusement reconsidérer Amazon et son leader depuis sa création : Jeff bezos, un des fondateurs du e-commerce.