Quelles sont les compétences d’un communicant interne ? L’agence australienne Cropley Communication a tenté de répondre à cette question en compilant des témoignages issus l’e-book d’IC Kollectif – Disrupting the Function of IC: A Global Perspective. Retour sur le regard de 4 experts sur leur métier, et les clés du succès selon eux.

 

Pour Liam Fitzpatrick, Managing Partner chez Working Communications, la compétence la plus fondamentale d’un communicant interne est sa capacité à générer des résultats commerciaux. Autrefois, la communication interne était le domaine des “créatifs-inoffensifs”. Personne n’en attendait rien, tant qu’elle restait fun et sympa. Au contraire, aujourd’hui, les dirigeants savent précisément ce qu’ils en attendent, en accord avec les objectifs business. Ainsi, si un communicant interne n’est pas capable de faire le lien entre son travail et les besoins économiques de son entreprise, il lui sera difficile de justifier ses budgets, ressources, etc.. Les meilleurs communicants internes ont donc deux qualités : il font le lien entre leur activité et son impact, et ils collectent (et analysent) des données. Et tout cela commence avec une seule question : “pourquoi ?”. La seul chose dont il faut être sûr, c’est que les outils et techniques de communication interne vont être amenés à évoluer rapidement.

 

Pour Déborah Hinton, Consultante chez Phil Communications, les compétences d’un communicant interne sont avant tout “communicationnelles”, car il doit bien connaître les bases de la communication. En effet, impossible d’atteindre ses objectifs sans savoir rédiger des messages clés, créer des FAQs, créer des plans de communication pertinents et imaginer des campagnes qui attirent l’oeil. Seulement, cette base ne suffit plus. Il est attendu aujourd’hui que la communication interne soit intégrée à l’écosystème global de communication, mais également qu’elle soit transparente et technologique. Et à l’ère des nouvelles technologies, mais aussi de l’infobésité, la clé de la communication interne est l’empathie, la capacité à comprendre sa cible pour soutenir à la fois la collaboration entre équipes et le leadership. Les communicants internes qui ont de l’empathie disposent d’un avantage indéniable sur ceux qui n’en ont pas.

 

 

Alejandro Formanchuk, directeur de Formanchuk & Asociados, proclame la redistribution du pouvoir du communicant interne : celui de soulever des questions, d’organiser des événements, de diffuser et faire circuler des messages. Si ce phénomène peut être perçu comme une menace, amenant à une situation incontrôlable, il doit au contraire être vu comme une opportunité pour l’entreprise de voir tous ses services s’approprier la communication interne. La grande majorité de la communication interne reçue par un salarié n’a d’ailleurs pas été émise par le service de communication interne lui-même : elle vient au contraire de la direction, des salariés eux-mêmes, des managers, etc. Tous les niveaux ont leur rôle à jouer ! D’autre part, la communication interne devient une fonction clé pour le business : derrière leurs capacité rédactionnelles, les communicants internes ont acquis la faculté à délivrer des résultats mesurables, au point de concurrencer la fonction marketing.

 

Enfin, pour Claire Watson, vice-présidente de la stratégie de communication chez Cropley Communication, le succès d’un communicant interne dépend d’une part de ses compétences générales en communication, et d’autre part de compétences spécifiquement liées au public interne. Mais pour aller plus loin, il faut souligner 2 tendances actuelles : d’une part la disparition des frontières entre communication interne et externe, et d’autre part, l’intégration de la communication dans l’ensemble de l’entreprise. En conséquence, le communicant interne doit plus que jamais savoir collaborer et élaborer des stratégies en lien avec les objectifs business de l’entreprise. Un plan de communication solide et fondé sur une vision stratégique de la communication reste la clé du succès. Une communication interne efficace se veut donc englobante, avec un juste dosage de créativité et de conduite du changement. Elle doit aligner sa vision, sa mission et ses valeurs sur les besoins économiques de l’entreprise, afin d’inspirer les leaders, ambassadeurs et éléments inspirants à passer à l’action !

 

En conclusion, la capacité à se mettre à la place de sa cible tout en délivrant des résultats soutenant la stratégie business, à récolter des données mais également à collaborer avec l’ensemble de l’entreprise pour créer une communication interne intégrée sont les compétences d’un communicant interne vraiment performant. A noter dans vos recrutements : vous avez rencontré un candidat avec des bonnes compétences en communication, mais également une vraie vision, et une sensibilité à la fois humaine et économique ? Ne le lâchez pas !