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Grève générale le 7 septembre 2010…. sans internet ?


Après l’article en avril marketing politique, je profite de la prochaine grève générale pour aborder l’usage d’internet dans un combat politique, non par les politiciens, mais cette fois par les militants et les syndicats.
Pour tous ceux qui sont encore dans les embruns, le mardi 7 septembre 2010 va avoir lieu en France une grève générale.
CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et l’UNSA ont appelé à une grève générale pour protester contre la réforme des retraites.
Tous les secteurs sont appelés à manifester : RATP, SNCF, aéroports, écoles..

Dans 27 jours, plusieurs millions de personnes vont se mobiliser et sur internet, que se passe-t-il ? C’est la question que je me pose depuis l’annonce de cette grève et je ne vois rien venir.
A force d’attendre, nous sommes presque mi-août et il est temps de poser les choses.

1 – Trouver de l’information : une bien difficile mission

A – Les grands médias

Les grands médias évoquent peu cette journée, cela reste toujours au nombre de syndicats rejoignant le mouvement.

Les seules mises à jour avec contestation proviennent de membres actifs des syndicats et des associations surtout sur lePost

B – Un site et un groupe facebook

Ces supports ne sont pas officiels. Ils n’émanent pas de l’ensemble des syndicats. Un site dédié : 7septembre2010.fr avec son groupe Facebook (plus de 2000 fans)

C – Les sites des syndicats

Au 11 août

  • les sites de la CGT, de la CFDT, CFTC sont muets sur la question.
  • Les sites actualisés sont celui de la FO (de nombreux outils), de la FSU de l’UNSA, et de Solidaires.

Vous remarquerez l’absence du 2.0 : pas de facebook, pas de RSS, pas de twitter… La viralité n’a pas tout à fait atteint les syndicats.

D – Twitter

#TousEnsemble permet sur docteur-tweety.com de suivre les tweets sur la question.
Pour l’instant, 4 messages ont été trouvés, dont 1 sur le fait qu’un avion est passé avec une banderole sur une plage pour rappeler la grève.
Bien que les sites des syndicats ne l’indiquent pas, quelques uns ont un fil twitter SNCD FU et la CGT qui très adroitement à le fil @syndicats CGT

E – Video

La présence de vidéo est mince sur Youtube, avant le déluge prévisible le 7 et les jours suivants.

Une vidéo d’un particulier

Une vidéo d’un syndicaliste

F – Les sites des partis politiques

Et oui, de désespoir, je suis retournée sur les sites politiques et là….
Le PS

L’UMP

2 – Qu’en conclure ?

En voyant la faiblesse des résultats observés, j’ai presque douté de l’intérêt de publier l’article.
Mais ce manque d’information est finalement une information : à moins d’un mois de la grève générale, internet n’est pas considéré comme un levier dans l’opinion, que ce soit pour la pousser ou essayer de la tempérer.
Seuls quelques personnes et souvent à titre personnel alimentent le web, mais aucune concertation, aucun marketing politique, aucune communication ayant pour but de fédérer les mécontents. A priori, le sujet à lui seul doit motiver.
Face à ce phénomène, je me suis également demandée si être fan d’un groupe syndical ne serait pas considéré comme trop dangereux pour sa carrière ; en ces périodes difficiles, comment se définir comme adhérents, sympathisants alors que partout on entend de faire attention à son image numérique, les recruteurs (sur)veillent.
Plus sérieusement, cette crainte vraie ou fausse bloque-t-elle toute possibilité d’utiliser les fonctionnalités 2.0 aux syndicats ?
Faire partie d’un syndicat est bien plus accepté, d’après ce qu’on nous dit en Allemagne… Mon niveau d’allemand est faible, ce qui m’empêche de faire de même sur les sites et les médias sociaux allemands. Avez-vous des informations sur ce point, l’usage 2.0 dans les questions politiques est-il plus fort ?

Dans les semaines à venir, je complèterai cet article afin de voir si une progression significative de l’usage d’internet dans ce cadre a eu lieu. Nous pouvons rêver 😉

A bientôt

Véronique da Costa