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Entreprises et innovation : petit-déjeuner avec Luc de Brabandere

Luc-de-BrabandereSi la guerre juridique mondiale que livre Apple à Samsung nous enseigne quelque chose, c’est bien l’enjeu majeur que revêt l’innovation pour les grandes entreprises. Pourtant, et on le sait au moins depuis The innovator’s Dilemna, ces grandes entreprises sont pour la plupart bien plus douées pour exploiter que pour innover.

À l’occasion d’un petit-déjeuner organisé par Alain Bosetti, le dynamique patron (entre autres) du salon de la micro-entreprise, j’ai eu le privilège (pour la deuxième fois), avec quelques journalistes et blogueurs, d’assister à la table d’Hédiard à une conférence privée d’un expert internationalement reconnu en la matière : Luc de Brabandere.

Voici quelques notes, un peu décousues mais néanmoins, je l’espère, intéressantes.

Vous connaissez sans doute cette expression tant ressassée de to think out of the box (penser en dehors du cadre). Lors d’une conférence que Luc de Brabandere donnait, le PDG d’Essilor lui demanda de but en blanc ce que c’était que ce cadre dont il prêchait qu’il fallait sortir. Cette question l’interloqua puis le fit réfléchir.

Il en est venu à l’idée que l’on pense toujours au sein d’un cadre, qu’on ne pouvait probablement pas ne pas penser au sein d’un cadre. L’enjeu n’est donc pas de penser hors cadre – chose peut-être impossible – mais de quitter le cadre dans lequel on évolue et d’en créer un nouveau.

Ce qui nous empêche de sortir du cadre, c’est notre façon de catégoriser les choses, de les relier. Nous rangeons machinalement dans des cases éloignées les unes des autres et sans lien entre elles des choses qui, sous un autre aspect, peuvent être proches et liées.

Quel rapport entre un stylo et un rasoir ? Aucun, pourrait-on dire. Mais si Bic s’en était tenu à ce constat « normal » et n’avait pas interrogé son identité,  son métier, qui est de fabriquer des objets en plastiques pas chers et jetables, il aurait raté une opportunité commerciale considérable.

Qu’est-ce que Starbucks ? Après une séance de brainstorming, un participant avança : « le plus grand bureau du monde ». Un éclairage révolutionnaire et qui peut à lui seul conduire à façonner l’agencement et les équipements (wi-fi…) des milliers de Starbucks dans le monde.

L’ancien dirigeant du Boston Consulting Group a très souvent remarqué l’effrayante capacité des grands groupes à ne pas détecter parmi les idées qu’ils produisent les plus prometteuses ou, pire même, quand même ils les détectent, à les tuer.

Pourquoi Sony n’a-t-il pas produit l’iPod ? Pourquoi, comme s’en plaignait à lui un de ses haut dirigeants durant un vol en avion, Mastercard, qui avait pourtant dans ses cartons un projet similaire, n’a-t-il pas sorti PayPal ?

La créativité, c’est partir à la recherche du nouveau cadre. La créativité n’est pas tant une invention ex-nihilo qu’une représentation différente des choses, un nouveau cadre de pensée qui va s’avérer fécond pour l’entreprise alors que l’ancien était devenu stérile.

Aussi la créativité n’est-elle qu’une partie du changement. Et les moteurs du changement sont un leader qui prend le risque et l’assume, la passion et le partage.

Et cette créativité, cet art de voir les choses en grand et différemment est, aujourd’hui que la technologie, et plus particulièrement le logiciel, dévore le monde, plus que jamais cruciale pour les grands groupes. Qui dirait que le plus grand concurrent de Seb dans sa ligne de produit des pèse-personne est… la Wii Fit de Nintendo !

Durant ce petit-déjeuner passionnant, Luc de Brabandere en profita pour nous présenter, nous offrir et même nous dédicacer son dernier livre : Les mots et les choses de l’entreprise.

En me relisant, je vois combien peu j’ai restitué de la richesse de cet événement. Aussi, le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est d’assister (gratuitement !) à son intervention au prochain salon de la micro-entreprise.

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