Ce matin, on était au 7ème Transformers Friday de 2Spark. Un événement dédié à la transformation des entreprises, et à la manière dont on bouleverse un héritage culturel. Et pour l’occasion, des “Transformers” de choix ont pris la parole : Jean-Christophe BUVAT (directeur de la transformation chez FDJ), Isabelle LAMOTHE (DG de ManpowerGroup Solutions) et Philippe SCHMIDT (CTrO chez Prisma Media). Ils ont partagé avec nous leur vision de la transformation, ses valeurs clés, ses impératifs et ses risques. Un moment passionnant, que nous avons tenu à vous restituer.

Commençons par rappeler la notion de VUCA world : le monde VUCA est volatile (Volatility), incertain (Uncertainty), complexe (Complexity) et ambigu (Ambiguity). Avouons-le, ce monde n’est pas rassurant, c’est pourquoi une entreprise qui pense sa transformation doit également penser ses racines, son ADN. Le monde VUCA demande en effet une stabilité culturelle, des racines, afin d’être capable d’aller vite dans la transformation.

Plus vite, plus vite ! Car le monde va vite, trop vite, et le souci d’un chef d’entreprise aujourd’hui n’est pas de se demander si tout va bien, mais si tout ira bien demain. Or, quand la vitesse des processeurs informatiques double tous les ans, avec une puissance de calcul exponentielle, l’accélération qui en résulte demande une forte capacité de résilience.

“Nous préparons après-demain en regardant ce qui doit être fait aujourd’hui.”

Rester dans la course en prenant part à cette accélération est évidemment un enjeu clé pour la survie des entreprises. La transformation serait-elle donc une notion brutale ? Il semblerait que oui, dès lors que l’on parle de nécessité, de brutalité, de survie, de sentiment d’urgence… Il va donc vous falloir une belle dose de résilience !

OK, mais l’humain au milieu de toute cette brutalité ?

Déjà, il a été souligné que la brutalité est perçue dès lors que la transformation des entreprises n’est pas préparée, ni accompagnée. Il est absolument indispensable d’accompagner les équipes, car c’est en leur sein que se trouve l’intelligence concrète. En effet, si les dirigeants connaissent la direction à prendre, ce sont les équipes qui vont oeuvrer à une transformation concrète. Demandez-leur ce dont elles ont besoin pour se transformer, diffusez la direction à prendre comme un phénomène viral, libérez les personnes pour gagner en agilité, favorisez la diversité pour sortir de la logique de silos… Bref, vous l’aurez compris, si la stratégie vient du haut, l’appropriation vient du bas : il vous faut créer un cadre pour laisser les collaborateurs faire ce qu’ils pensent qu’il faut faire.

Les entreprises résilientes sont celles qui prennent soin de leurs équipes, qui les forment, qui les écoutent… et qui leur donnent la parole ! En effet, si ce qui compte, en définitive, c’est le client, ceux qui savent comment le satisfaire, et que l’on doit écouter, ce sont bien les collaborateurs, ceux du terrain. Ceux qui fabriquent les produits, qui les vendent en magasins, etc.

Et puis donner la parole, c’est aussi impliquer les collaborateurs, c-o-n-c-r-è-t-e-m-e-n-t dans la transformation des entreprises :
  • A la Française des Jeux, un groupe a été formé pour observer ce qu’il se passe dans l’entreprise, et faire des propositions au COMEX sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et ce qui doit être fait. Et à l’inverse, des membres du COMEX sortaient de temps en temps de leur bureau pour aller travailler en open space dans les mêmes conditions que n’importe quel autre membre de l’entreprise.
  • Chez Prisma Media a émergé l’idée que l’on ne peut pas s’inscrire dans un projet que l’on n’a pas co-construit. C’est pourquoi un forum d’information a été créé : chaque patron de BU a construit une roadmap avec son équipe, et pendant une demi-journée toutes les équipes ont pu présenter leurs projets de transformation, et le défendre ! Une belle manière d’engager le mid-management suffisamment tôt dans le processus de transformation.
Bref, dès qu’il s’agit de transformer une entreprise pour en gagner en performance, les équipes sont clés. Mais la transformation n’est-elle qu’une affaire de business ? La réponse est bien non ! Faire en sorte que les personnes se sentent bien dans l’entreprise ne doit pas forcément répondre à un objectif business. Nous avons été particulièrement séduits par cette vision humaniste de l’entreprise selon laquelle le bien-être au travail est une bonne chose en soi. Alors, même si on vous parle souvent de mesure de la communication interne et de ROI, il faut aussi savoir résister au DAF qui vous demandera des résultats économiques tangibles. Pensez plutôt au vivre ensemble, à la co-construction, et au bonheur des salariés !

Enfin, les valeurs clés de la transformation des entreprises, évoquées lors de cet événement, sont l’humilité et l’enthousiasme. L’enthousiasme, parce que oui, le travail est un environnement où l’on peut s’amuser. Et l’humilité, nécessaire dans un monde en perpétuelle transformation, puisqu’il faut accepter que tout ce que l’on a appris hier ne nous servira pas forcément demain.

Et le rôle de communication interne dans la transformation des entreprises ?

Ouf, la communication interne a bien été mentionnée dans cette matinée. Car c’est elle qui donne le sens de tout ce qui est fait par les acteurs de la transformation. Il faut donner du sens en communiquant sur les valeurs de l’entreprise et les actes stratégiques…pas seulement sur le business !

 

Bref, la transformation des entreprises est un long chemin, rempli de bouleversements, mais aussi d’enthousiasme, qui implique de prendre soin de ses équipes pour leur insuffler une culture transformée. La meilleure transformation sera donc une intégrée à tous les niveaux de l’entreprise, et qui fera oublier qu’elle est pilotée par une direction de la transformation. L’équipe de transformation doit passer les rênes, et travailler ainsi à sa propre destruction.