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Le télétravail à 100 %, un modèle qui fait ses preuves ?

En 2020, toutes les entreprises qui le pouvaient ont connu des périodes de télétravail. Après avoir fait l’expérience de ses avantages et de ses inconvénients, il s’agit désormais de s’interroger sur les limites du modèle. Le télétravail à 100 % est-il l’avenir ?

Ces dernières années, le télétravail s’installait progressivement dans le quotidien des entreprises françaises. Il ne concernait souvent qu’une journée ou deux par semaine et sa mise en place restait complexe. Selon les cas, il fallait surmonter les réticences des dirigeants, des managers ou des salariés eux-mêmes.

Le confinement du printemps a donc entraîné une évolution radicale. Toutes les sociétés ont dû opter pour le télétravail (pour les métiers qui le permettaient), en quelques jours seulement et pour plusieurs semaines.

Tous les questionnements concernant le télétravail, notamment au sujet de l’efficacité et de la gestion managériale, ont donc, par la force des choses, trouvé des réponses.

Les avantages concrets du télétravail

De nombreuses entreprises se sont aperçues que la performance de leurs salariés n’était pas liée à leur présence au bureau. De leur côté, les employés ont découvert les avantages du télétravail. D’abord pour l’organisation de leurs journées, mais aussi pour l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Le télétravail présente également d’autres aspects positifs, notamment la réduction des coûts de fonctionnement. À tel point que certaines sociétés font désormais le choix du télétravail à 100 %. Elles n’ont plus de bureaux, tous les employés travaillent à distance. C’est le cas de Platform.sh, un acteur du cloud. L’entreprise a même réalisé une enquête interne pour mesurer les avantages de son modèle.

Télétravail à 100 %, étude de cas

Platform.sh compte 200 employés, répartis dans 32 pays et 14 fuseaux horaires. Le modèle du télétravail à 100 % lui permet donc de recruter les meilleurs talents, où qu’ils se trouvent dans le monde. Cela limite également ses coûts en matière d’infrastructure. Les économies réalisées sont de :

  • 50 % / an, par rapport à une situation où tous les employés travailleraient dans des locaux à San Francisco
  • 30 % / an, par rapport à une équipe située en totalité à Paris

Cette logique bénéficie également aux employés, qui sont 85,8 % à gagner au moins une heure par jour depuis qu’ils n’ont plus à prendre les transports en commun pour aller travailler. Du point de vue financier, les économies réalisées sont en moyenne de 7 500 € par an et par employé (sommes liées aux voyages, trajets et dépenses quotidiennes).

Le quotidien des employés en télétravail total

L’enquête de Platform.sh met également l’accent sur les avantages liés à l’environnement de travail et à la qualité de vie. Ainsi :

  • 83,6 % des salariés apprécient de travailler avec des collègues internationaux
  • 69,6 % estiment gagner en indépendance
  • 57,1 % apprécient de pouvoir travailler d’où ils le souhaitent

Ils sont également 58,9 % à faire plus de sport. Chacun peut également organiser son travail comme il le souhaite. Soit sur un rythme défini à l’avance, soit en fonction de ses propres échéances.

Les limites du télétravail à 100 %

Si les chiffres présentés par Platform.sh sont éloquents, son modèle semble pourtant difficilement reproductible pour la majorité des entreprises. En premier lieu parce que le télétravail à 100 % n’est pas compatible avec tous les domaines d’activité.

Dès qu’il y a des chaînes de production ou un lien physique avec le client, par exemple. Il y aurait donc une différence radicale d’environnement de travail entre les employés sur site et ceux en télétravail total. Cela compliquerait alors la diffusion, et l’adoption, d’une culture d’entreprise commune.

Télétravail et relations humaines

De plus le télétravail à 100 % ne convient pas à tous les caractères, et les deux confinements de 2020 le montrent bien. Certaines personnes ont besoin d’interactions sociales concrètes avec leurs collègues, ou bien simplement de séparer nettement leur lieu de vie et leur lieu de travail. Une entreprise qui propose donc un télétravail massif devrait donc faire de ce point un sujet majeur dans le processus de recrutement.

La question de l’engagement collaborateur prend également une toute autre envergure. Il est nécessaire de trouver des manières différentes d’impliquer les employés dans le quotidien de l’entreprise, d’autres façons de marquer le partage de valeurs communes. Cela peut certes passer par l’onboarding à distance ou des plateformes d’engagement collaborateur. Mais diffuser et ancrer une culture d’entreprise commune doit alors être, encore plus que pour les entreprises classiques, au cœur des préoccupations RH et managériales.